L’Histoire de la théière Yixing
Histoire de la théière Yixing |
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L’Histoire de la théière Yixing
Histoire de la théière Yixing
par Ai Terada, Lee Wei Wen et Joshua Kaiser.
Les théières que Temae vous propose sont ici
La création de la théière Yixing remonte à la Dynastie Ming (1368-1644 de notre ère). En ce temps-là, les lettrés, les artistes et les moines (qui ont toujours été le moteur des progrès et de la promotion de la culture du thé)
se mirent à étudier la production de thé en feuilles et le concept de l’infusion. Ces expériences révélèrent que les infusions de thé en feuilles avaient un arôme d’une rare délicatesse et offraient une vaste de gamme de
saveurs. Le goût pour le thé en feuilles se répandit bientôt, des intellectuels et des moines aux rangs les plus élevés de la cour Impériale Ming.
Dès la dynastie Zhou occidentale (1027-771 avant J-C) le seigneur du royaume Pa Shu, dans l’ancien Szechuan, recevait un tribut de thé. Après l’unification de la Chine, ce genre de tribut fut offert aux différents empereurs. Cette méthode de taxation imposée aux provinces dura jusqu’à la fin du système impérial chinois. Un empereur de la dynastie Ming déclarait en 1391 que tous les tributs devaient être sous forme de feuilles, et qu’on refuserait le thé en briques ou en poudre. Cela augmenta la demande de la nouvelle forme de thé, et bientôt toutes les provinces productrices offrirent le thé en feuilles.
Comme la popularité de cette méthode se répandait, un moine du temple Jin Sha, dans le Jiangsu, façonna la première théière en terre de Yixing, utilisant l’argile siliceuse bleue de la région de Yixing. Cette théière était conçue spécifiquement pour infuser le thé en feuilles, et les techniques employées dans sa fabrication forment encore la base de l’artisanat Yixing actuel. L’efficacité et l’élégance discrètes de l’argile Yixing, avec ses tons rustiques de terre et sa présence toute d’humilité convenaient parfaitement à la démarche Zen de bien des moines bouddhistes de
l’ère Ming, aussi bien qu¹aux tendances à la réclusion commune à la philosophie et à l’expression artistique des intellectuels. Moines et intellectuels adoptaient souvent la voie du thé pour échapper aux luttes politiques de l’époque. Les artistes se consacrant à la gravure des sceaux, à la calligraphie et à la poésie se sentirent attirés par l’intensité
spirituelle du Thé de la ville de Yixing où ils vinrent travailler avec les céramistes à la fabrication de théières.
La demande exprimée par ces théistes pour des théières artisanales de haute qualité contribua au progrès de la préparation de l’argile, et des
techniques de façonnage et de cuisson, ce qui accrut la qualité et la fonctionnalité des théières Yixing. Malheureusement, toutefois, la
consommation croissante de thé en feuilles et la demande pour les théières en terre dans toutes les classes de la société conduisirent au développement d’usines de production de masse qui fabriquaient des théières de qualité
inférieure dépourvues de tout ce que le véritable esprit du thé pouvait inspirer en termes d’expression philosophique ou poétique. Ce phénomène, joint au fait que les intellectuels du thé se retiraient toujours plus loin des courants centraux de la société, entraina une fuite des cerveaux hors du domaine artistique, ce qui paralysa le progrès des techniques et des arts du thé à Yixing.
Jusque dans les années 50, la tradition de l’apprentissage artistique dans les ateliers de potiers de Yixing ne subsista que sous la forme d’un artisanat paysan. C’est alors que la République populaire de Chine envoya sept maîtres céramistes à Yixing afin de répandre l’esprit du thé parmi les artisans locaux. Bientôt des écoles furent créées pour former artisans et nouveaux venus aux arts de la théière et aux techniques de traitement de l’argile bleue. Cela entraîna une amélioration considérable dans la qualité des théières Yixing authentiques, qualité qui s’est maintenue jusqu’à nos jours.
Les théières artisanales de Yixing sont faites exclusivement de l’argile de la région. L’argile est sèchée, broyée et pétrie avec de l’eau. Elle est ensuite passée sous pression par un tamis pour en retirer les impuretés. Une
fois raffinée, l¹argile doit rester stockée pendant plusieurs années. Enfin elle est vendue aux artisans locaux qui choisissent de l’améliorer encore par addition de certains minéraux, ou en la mélangeant à d’autres argiles.
Ces différents traitements varient avec la qualité et les résultats souhaités par l’artiste en fin de cuisson.
L’argile ainsi préparée est découpée en plaques qui sont collées par pression et formées par battage avec des outils spéciaux en bois ou en os sur la platine d’un tour. Après formage, la théière est prête pour la cuisson à des températures qui permettent à l’argile spécialement mûrie de developper ses qualités particulières favorables à l’infusion du thé.
Certaines formes et certains types d’argiles sont particulièrement réservés à certains types de thés.
La cuisson d’une théière de Yixing authentique se fait à des températures qui permettent la cristallisation des micas, du fer et du quartz contenus dans l’argile siliceuse bleue. Cette action crée entre les molécules des
liaisons particulièrement fortes qui permettent aux théières de Yixing de résister sans fêlure à des changements brutaux de température. La nature poreuse de l’argile rend les théières très absorbantes. À l’usage, la théière se culotte et s’imprègne de l’arôme et de la flaveur du thé, ce qui améliore la qualité de la liqueur à chaque préparation.
Ai Terada et Joshua Kraiser travaillent à Rishi Tea, dans Manhattan ; Lee Wei Wen travaille avec des artisans de l’Atelier First Branch Classical Pottery à Yixing, en Chine.
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